Yvenson  Latigue

Sujet Après la lecture de l’art poétique de Nicolas Boileau, Chant 1. Vous présenterez une analyse du texte et une appréciation des vers ou strophe dont vous trouverez nécessaire.

Nous sommes au cœur du 17ième, siècle où l’art poétique de Boileau s’élève comme un guide précieux, un chef-d’œuvre, lequel chef-œuvre à profondément influence ce siècle, donc l’extrait qui constitue le chant1 de cette œuvre est au centre de l’analyse et de commentaire des travaux que j’ai élaborés. En effet, le texte provient de l’art poétique de Nicolas Boileau, publié pour la première fois en 1674, le poète aborde les règles de la poésie avec une finesse littéraire en mettant en valeur la rigueur artistique, la nécessité d’adhérer aux préceptes qui régissent l’art poétique et de l’utilité morale de l’art poétique.

Nicolas Boileau, poète du 17ieme siècle, dont l’esprit était marqué par la quête de sens et de raison. L’esprit de ce siècle était marqué par la quête de sens, et de raison. L’esprit de ce siècle était empreint de maints courants de pensées parmi lesquels on peut citer, le Classicisme et le Baroque.

Le Baroque qui se caractérisait par son exubérance et son expression émotionnelle intense, par ailleurs le classicisme quant à lui, jetait l’accent sur l’ordre, la raison, et la clarté. Ces deux courants ont profondément influence la littérature, l’art et la culture de son époque. Le poème « Art poétique de Boileau appartient à la famille de l’art classique, une œuvre didactique qui utilise une structure de vers et de rimes régulières dans le but de toucher, et de faire un effet considérable sur n’importe quel lecteur. Le chant1 de l’art poétique de Boileau est écrit en suivant une structure qui s’appuie sur des modalités de sens. On peut analyser cet extrait sous un double angle ;

D’abord il sert de guide et de manuel pour les poètes de l’époque en leur fournissant des conseils et des règles pour écrire de la poésie de qualité. Il joue aussi un rôle important dans l’histoire de littérature française, car il contribue à l’établissement des normes et des principes moraux qui ont influencé des écrivains et poètes par la suite. Dans une lecture attentionnée et détaillée, le poète dans son chef œuvre notamment « Art poétique » éveille des résonnances telles que la réflexion sensée et la recherche de la raison.

L’idée fondamentale véhiculée dans cette œuvre est que la poésie doit être claire, utile pour toucher en profondeur le lecteur. « Comment donc concilier la recherche de sens et d’utilité dans la démarche poétique tout en mettant l’accent sur la raison » ?

A la lumière de cet extrait nous allons tout bonnement voir comment le poète en s’appuyant sur des règles d’écriture poétique ,nous pousse à réfléchir de manière rationnelle en structurant nos pensées et en utilisant un langage précis ensuite nous plongerons notre regard au siècle pour tracer un pont entre les préceptes poétiques de Boileau et certains aspects de la réalité sociale qui est la nôtre, et en dernier lieu nous nous arrêterons sur le sens sublime de cette œuvre dont la nature se veut être transcendantale et intemporelle.

L’audace poétique

1C’est en vain qu’au parnasse, un téméraire auteur,

2Pense de l’art des vers atteindre la hauteur.

Pour construire ces vers le poète s’appuie sur une figure de style notamment l’hyperbole pour renforcer l’idée ironique qui suit ; La présomption des poètes d’être au sommet de la poésie. Aussi il utilise une image, qui est le Mont parnasse associée à la poésie et à la source d’inspiration des poètes qui pensent pouvoir atteindre un certain niveau de perfection poétique. Enfin le poète a ingénieusement donne naissance à une réforme en poésie classique afin d’influencer et de toucher en profondeur l’âme des poètes, il pousse à réfléchir et à remettre en question la compréhension de l’écriture poétique. Il nous pousse à chercher un sens plus profond derrière les prétentions exagérées des hauteurs et considérer l’importance de la maitrise des techniques poétiques

Vers3, 4et5

Frustration du poète.

Si son astre en naissant ne l’a formé poète

Dans son génie étroit il est toujours captif.

Pour lui Phébus est sourd, Pégase est rétif

A travers ces vers, le poète utilise l’antithèse pour faire ressortir l’idée qui suit : Le talent est un don qu’on a, il a une origine métaphysique afin qu’on puisse accomplir notre dharma de vie, ensuite il critique l’insuffisance de créativité, et la raison qui se limite qu’a notre seul point de vue, enfin il critique l’attachement aux normes établis exprimé dans ce procédé de style Dans son « Génie étroit » Ce vers expriment la frustration de l’auteur envers ceux qui manquent de créativité, et qui se limite à leur propre paradigme.

Vers5, 6

Pour lui, Phébus est sourd

Pégase est crétif.

Phébus et Pégase sont des figures de la mythologie grecque

Phébus : Dieu de la musique et des arts.

Pégase : Symbole de la poésie et de l’inspiration artistique. En s’appuyant sur ce procédé de styles notamment la personnification, le poète critique l’inculture poétique, et la superficialité dans les œuvres poétiques.

1 O Vous donc qui, brulant d’une ardeur périlleuse.

2 Courez du bel esprit la carrière épineuse.

3N’allez pas sur des vers vous consumer

4 Ni prendre pour génie un amour de rimer.

L’auteur fait une indexation directe à tous ceux qui font de la poésie ainsi : O Vous donc, une figure de style qui interpelle. L’idée sous-jacente est la suivante : Il les met en garde contre toute forme d’inspiration inutile qui tourne à vide. Une forte obsession pour les vers peut nous éloigner de la réalité et nous enfermer dans notre propre monde poétique. L’obsession pour les vers peut conduire à des productions superficielles inutiles. Car l’écriture poétique doit avoir un sens pratique, son ultime but est de faire un effet sur le lecteur.

Petite anecdote relative. Mikaben est un exemple de célébrité qui s’est consume par son obsession pour la musique, sa passion dévorante pour la musique l’a poussé à bout jusqu’à négliger sa santé.

On voit bien comment le poète nous de ne pas être dans l’obsession aveuglante, parce que cette même obsession peut avoir des répercussions négatives sur d’autres aspects de notre train de vie.

Ardeur périlleuse

Une autre métaphore dans laquelle le poète souligne l’émotion poétique qui, certaine fois est la raison pour laquelle le poète s’induit lui-même en erreur, et une forte passion peut altérer notre jugement et notre raison lorsqu’on ne la maitrise pas, en effet l’on doit pratiquer l’art poétique en combinant la raison et l’émotion.

En effet, l’œuvre notamment « l’Art poétique » propage un effet didactique et satirique dans la partie 1et 2 qui vise à instruire les poètes en leur donnant des conseils et des règles à suivre, pas seulement dans un cadre purement poétique, mais aussi pour leur toucher en profondeur jusque dans leurs manières d’Etre.

Influences culturelles sociales, et artistique. Plongeons au 17ieme siècle dans l’univers captivant de Boileau dont l’œuvre notamment l’Art poétique a connu une grande influence socio-culturelle et artistique relativement sur certains traits de culture haïtiennes.

Nous allons explorer en détails ces deux thèmes et voir comment ce chef-œuvre a laissé son empreinte sur ces domaines. L’art poétique de Boileau a indéniablement été un idéal pour certains d’entre les poètes haïtiens, sa structure poétique a influence quelques-uns de nos poètes tels que : Emile Roumer dont l’œuvre intitulé « Chant d’ombre » a été publié en 1945 et Jacques Roumain dont l’œuvre « Les pas redoublés a été publié en 1938. »

L’œuvre de Boileau continue de nourrir la créativité, et a réflexion critique, son essence clair et didactique a pu trouver écho dans certains aspects de la réalité haïtienne. Influences morales de l’art poétique de Boileau, et mis en contexte la réalité sociale qui est la nôtre.

On peut constater dans l’extrait du chant1 l’auteur se penche considérablement sur des valeurs morales telles que la recherche de la vérité, de la raison en critiquant les poètes présomptueux, dans leurs expressions poétiques.

Vers1 a 4 : C’est en vain que les poètes pensent pouvoir atteindre un niveau supérieur en brulant les étapes

L’ironie de ces vers peut bien s’adapter au contexte social haïtien.

Quand l’insécurité est au top de sa forme, c’est en vain qu’on attende que l’état dans ses droits intervient pour la contrecarrer. C’est en vain qu’on attende des forces étrangères nous viennent en aide. Quand nous sommes au plus mal, quand nous souffrons le martyr, quand nous quittons notre demeure par contrainte pour répondre à l’appel de notre instinct de survie, c’est en vain qu’on attende l’intervention spectaculaire de l’état.

C’est en vain qu’on s’entête à gagner sa vie, à atteindre un certain seuil d’objectif, mais toute fois si l’on choisit de faire équipe avec la raison, la persévérance nous saurons nous demerder.

Titre : L’usage juste de la passion

Mise en contexteVers3, 4 ;

N’allez pas sur des vers vous consumer,

Ni prendre pour plaisir un amour de rimer.

Pour relater le désarroi qu’on retrouve un peu trop souvent dans notre société on peut adapter ces vers métaphoriques pour parler des hommes passionnés qui, par manque de sagesse et de lucidité se consument dans leurs passions graduellement.

On peut observer ce phénomène Dans l'industrie de la musique haïtienne, des artistes pour la plupart se laissent emporter par la passion musicale pour produire des œuvres superficielles et inutiles, un artiste ça ne devrait pas se contenter de produire des œuvres mais il est encore plus important de trouver la raison d'écrire, qui ne se limiterait pas qu'à plaire car, le sentiment de plaisir est temporaire. En quoi est-ce utile de solliciter son cerveau pour créer des œuvres musicales qui insultent, qui dévalorisent les femmes ? Des titres comme "Fè wana mache" et tant d'autres. Etre cohérent dans les actes

1Quelque sujet qu’on traitre, ou plaisant ou sublime

2Que toujours le sens s’accorde avec rime.

Plongeons dans ces vers pour faire ressortir des vices qui se prennent pour des vertus, critiqué par le poète tels que : La mauvaise foi, l’impatience, la mauvaise conscience poétique.

Ce vers transmet l’idée que toujours nos actions soient cohérentes à ce que nous claironnons, les valeurs que nous prônons doivent être ce qui reflète nos comportements. C’est un comportement répétitif chez les gens d’être en désaccord à ce qu’il prêche en milieu social on présente une bonne représentation de soi-même, mais l’on ne reflète pas toujours la cohérence, l’harmonie entre nos actes et nos paroles.

Le pasteur Muscadin que nous connaissons tous, a construit une église dont le nom était devenu vira l « Chalom », ce phénomène social a eu une grande influence sur le domaine religieux, accompagné de sa conjointe, ce couple était devenu un idéal de chrétien, mais après avoir passé des années dans l’exercice de ses fonctions divines, l’Église a commencé à avoir de sérieux problèmes du fait que le temps ait fini par mettre en lumière les vraies intentions de ce couple. Leurs vraies intentions n’étaient en accord viscérale au mode de vie qu’ils menaient. Tout comme les vraies intentions de nos leaders pour la plupart, n’ont rien à voir au plan politique qu’ils nous présentent, une fois accède au pouvoir.

Acquisition d’une supériorité de l’œuvre de Boileau.

L’art poétique de Nicolas est une œuvre qui se veut être intemporelle, un chef qui, au fil du temps acquis un statut dominant dans le domaine littéraire, nous allons jeter un coup d’œil sensé pour faire ressortir ce qui justifie cette position essentielle. A cause de la nature de cette œuvre qui se veut être didactique et satirique, le poète a su mettre en lumière des comportements récurrents chez les êtres humains au travers le filtre poétique, des tendances humaines pertinentes et répétitives, notamment dans ces vers qui suivent :

1C’est en vain qu’au parnasse, qu’un téméraire auteur

2De l’art des vers pensent pouvoir atteindre la hauteur.

Le poète critique le comportement fier, mais démesuré qu’adoptent les gens dans leur vie.

N’allez pas sur des vers vous consumer.

Le poète critique l’obsession chez les poètes, car c’est ce qui peut nous obstruer notre raison.

Mais souvent un esprit qui se flatte, et qui s’aime,

Méconnait son génie et s’ignore soi-même

N’est-ce pas là la conscience égotique, l’orgueil et l’amour excessif de soi que critique le poète ? Bien sûr notre ego et l’amour excessif de soi peuvent parfois nous aveugler. Nous protégeons notre système identitaire, pour ne pas avoir à changer ce qu’on a de mauvais en soi, comme des vices, des défauts, des tendances vilaines, et narcissiques exposées de soi. Mais peut-on connaitre nos capacités dans pareilles conditions ?

En fin de compte, on est parvenu à comprendre comment l’art poétique acquis une ampleur considérable par son double aspect, d’un côté Boileau touche en profondeur l’esprit et le cœur dans un registre d’écriture assez particulier, d’un autre il nous met sur une voie nouvelle pour aller vers un niveau de vie supérieur.

Tout compte fait, rappelons-nous que dans le texte de l’art poétique de Boileau, notamment le chant1, on a vu comment le poète utilise comme arme, des procédés de style, et toute une structure d’écriture pour produire un effet de réflexion sur la raison poétique, le sens du talent ,un effet qui produit une remise en question de nos impressions, nos croyances, notre raison ,ensuite on vu comment le poète à travers son chef-d’œuvre délivre tout un enseignement supérieur afin que quiconque puisse s’élever que ce soit en art ou dans leurs manières d’être. A la fin on est parvenu à une mise en contexte, en étudiant la nature transcendantale acquise de cette œuvre, Mais toute l’on se demande est-ce que les principes que promeut Boileau reflètent vie en tant que poète, ou en tant que Boileau lui-même ?

Critères et modalités d’évaluation

Discours 2, est évalué sur la forme et le fond c’est-à-dire les composantes de l’analyse critique.

Evaluateur écrit et oral

Chargé d’analyser, de juger et de commenter les productions des apprenants dans le cadre de ce travail

🎯 Ses principales missions sont :

  1. Analyser le fond et la forme du travail présenté, en tenant compte des objectifs pédagogiques, des consignes données et du niveau d’étude.
  2. Mesurer la maîtrise des connaissances, la clarté des idées, la cohérence de l’argumentation, la qualité de la langue (orthographe, grammaire, syntaxe).
  3. Évaluer les compétences orales, telles que la diction, la gestion du temps, la posture, l’articulation, le regard, la fluidité du discours, et la capacité à convaincre ou à expliquer.
  4. Formuler un retour constructif, souvent sous forme de grille d’évaluation, de note chiffrée et de commentaires qualitatifs.
  5. Encourager le progrès, en soulignant à la fois les points forts et les axes d’amélioration.

Wandy CHARLES, Journaliste/Professeur

Brunache Wilberge, Toastmasters/Ecomomiste

Isaac LINDOR, Juriste/Enseignant

Mad-Eldina LUCIEN

Sujet : Après la lecture de l’art poétique de Nicolas Boileau, Chant 1. Vous présenterez une analyse du texte et une appréciation des vers ou strophe dont vous trouverez nécessaire.

En France, le 17ieme siècle qu’on surnomme le siècle de Louis XIV regroupent les écrivains dits Classiques. On pense avant tout à Molière, à Racine, à Boileau, à La Fontaine et à Bossuet, auteurs dits « classiques » par excellence, même s'ils ne sont pas les seuls. Ces écrivains ont laissé à la postérité un certain nombre de textes théoriques – textes qui, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, tendent tous vers un idéal moral et esthétique identique.  Au sens strict, le classicisme représente bien la période de la littérature et de l'art français qui s'étend de 1661 à 1685.

L’un des écrivains du classicisme qui nous intéresse actuellement est Nicolas Boileau sieur Despréaux, également nommé Nicolas Boileau Despréaux. Il est un homme de lettres français du Grand Siècle, né le 1er novembre 1636 à Paris et mort le 13 mars 1711 dans la même ville. Il est poète, traducteur, polémiste et théoricien de la littérature.

Parmi ces œuvres, celle qui nous interpelle aujourd’hui est ‘’l’art poétique’’ écrit 1671. Ce poème est divisé en quatre chants. Dans le premier chant, le poète expose les règles générales de l’art d’écrire et il les exprime en vers devenus proverbes. Il insiste d’abord sur la nécessité de connaitre son talent et de suivre toujours la raison pour guide, sur la sobriété dans les détails et sur la variété des sujets. Il recommande ensuite l’exactitude, la clarté, le respect de langue, la fidélité aux règles de l’harmonie, l’unité de composition.

Dans l’Art poétique, Boileau définit la théorie du Classicisme. Il s’inspire largement d’Aristote et du poète latin Horace. Pour Boileau, l’art littéraire se doit d’imiter la nature, de manière à atteindre un idéal de vérité. C’est ce qui va permettre de plaire au public. Mais l’esthétique de Boileau se fonde aussi sur un principe moral, puisque vérité et sincérité se confondent. En d’autres termes, pour bien écrire, il faut être convaincu de ce que l’on écrit. Le Chant 1 est centré sur les préceptes généraux définissant l’art d’écrire. Le don ne suffit pas et il convient aussi d’appliquer une méthode rigoureuse.

Le chant I de Nicolas Boileau recouvre de 232 vers, Il est impossible pour nous d’en commenter tous ces vers en un seul jour vu la richesse de ces écritures. Toutefois, il y a trois groupes de vers qui ont captivé notre attention ou l’on peut faire une application pratique dans la vie courante.  Les vers que nous allons en discuter et interpréter sont les suivants :

                 Le chemin est glissant et pénible à tenir;

                Pour peu qu’on s’en écarte, aussitôt on se noie.

d’un nuage épais toujours embarrassées;

Le jour de la raison ne le saurait percer.

 Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible :

Il ne pardonne point les endroits négligés, 

Il renvoie en leur lieu les vers mal arrangés,

Il réprime des mots l’ambitieuse emphase ;

[…]

 C’est ainsi que vous parle un ami véritable.

D’abord, le travail qu’on va élaborer c’est donner la définition du ‘’bon sens’’ et comment on peut arriver à l’obtenir dans notre vie quotidienne. Ensuite, on verra malgré la raison est une disposition naturelle et accessible, il y a certains individus qui refusent de laisser entrer la raison en eux pour différentes causes. A la fin, on découvrira ce qu’est l’ami véritable et quelles influences il peut avoir sur vous en tant que personne.

Avez-vous déjà entendu ce genre de remarques? ‘’qu’est-ce qui lui arrive? Il fait n’importe quoi’’ ou vous avez déjà vu quelqu’un hocher la tête en disant: ‘’S’il avait un tant soit de bon sens, il n’aurait jamais agi de la sorte. Mais, au fait qu’est-ce que le ‘’bon sens’’? cela nous ramène aux vers du chant I de l’art poétique de Nicolas Boileau qui déclare:

‘’Tout doit se tendre au bon sens: mais pour y parvenir,

Le chemin est glissant et pénible à tenir;

Pour peu qu’on s’en écarte, aussitôt on se noie.

Alors, c’est quoi le ‘’bon sens’’? le mot ‘’sens’’ a pour définitions: ‘’capacité de bien juger’’, ‘’manière de comprendre’’, et ‘’sagesse ou raison’’. Quelqu’un qui a du bon sens sait donc juger et décider intelligemment. Cela nous conduit à une citation de Descartes dans le discours de la méthode, qui énonce : ‘’Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée…’’. Effectivement, c’est le bon sens qui différencie l’humain de la bête. Cependant le bon sens semble faire tellement défaut dans le monde actuel que cela nous pousse à une réflexion.  Comment acquiert-on du bon sens?

’Tout doit se tendre au bon sens: mais pour y parvenir, le chemin est glissant et pénible à tenir;’’ on n’aurait pas pu trouver d’autres lexiques que ceux du poète pour décrire aussi parfaitement l’acquisition du bon sens. Avoir du bon sens et rester dans le bon sens est un processus glissant et pénible. En effet, Benjamin a dit: ‘’Le bon sens tout le monde en a besoin, peu l’on et chacun croit l’avoir.’’ Certes il faut du temps, de la réflexion et de la persévérance pour acquérir du bon sens et un bon jugement, mais c’est un objectif accessible.

Avant tout, il faut être honnête avec soi-même, être conscient qu’on en a besoin. Durant cette période de formation avec ISCclub, on a étudié les 4 phases de l’apprentissages, la deuxième phase parlait justement sur le fait d’être un conscient incompétent. Il faut être conscient d’abord du manque et aller chercher ce que l’on n’a pas. Alors, c’est un travail personnel, c’est un questionnement permanant par rapport à nos prises de décisions, et des différentes interventions avec notre entourage. Quoique le bon sens est inné, tout le monde n’est pas raisonnable. On bâtit le bon sens quotidiennement grâce à nos études, nos recherches, le plus important par l’expérience.

Un poète suisse a établi en ces termes un lien entre le bon sens et l’expérience de la vie : ‘’le bon sens est […] une combinaison d’expérience et de prévision.’’ On peut aussi ajouter les paroles qu’on retrouve dans le livre de proverbes 14 :15 dans la bible : ‘’Quiconque est inexpérimenté ajoute foi a toute parole, mais l’homme astucieux est attentif à ses pas.’’ Ce verset illustre littéralement la tragédie qui s’est passe il y a quelques mois avec les fidèles de pasteur Marco. Un beau matin, ils se sont réveillés, habillés, parfumés, ils prennent leur bible et vont attaquer un groupe de gang armés avec leur pasteur à la tête. Malheureusement, en raison de l’absence du bon sens de cette assemblée, ils se sont fait butés, plusieurs ont perdu la vie, d’autres ont été kidnappés et torturés. On pourrait tous poser la même question : ‘’ces gens avaient-ils perdu la raison? C’était des zombies ou quoi?

Regrettablement, beaucoup pendant leur existence n’ont pas pu cultivé le bon sens, ils ont laissé aux autres de penser à leur place et ça leur a coûté la vie. En effet, le bon sens est en nous tous, mais ça ne garantit pas qu’on en fera bon usage.

Donc, le chemin du bon sens certes est dur, mais avec de l’observation, l’apprentissage et l’expérience il est atteignable.

Il est tout à fait vrai que ce chemin existe et accessible à tous, mais cela n’assure pas que tout le monde est apte à faire cette aventure vers la voie du bon sens. Nicolas Boileau continue dans son chant en déclarant:

Il est certains esprits dont les sombres pensées

Sont d’un nuage épais toujours embarrassées;

Le jour de la raison ne le saurait percer.

Selon Éric-Jean Garcia, Il existe deux mobiles pour que les gens refusent pénétrer le jour de la raison. Premièrement par paresse intellectuelle, et deuxièmement par lâcheté cognitive.

On attaque la première catégorie. Ceux qu’on appelle les paresseux intellectuels. Ceux-là, Ils ne font aucun effort de réflexion. Ils se reposent sur leur intuition et ce qui leur semble vraisemblable. Ce groupe croit fermement sans aucun questionnement en leurs dirigeants politiques et religieux, aux influenceurs ou n’importe quel individu qui s’autoproclame leader. Ce qui est étonnant, la majorité de ce groupe sont des gens formés académiquement, et même a l’université. A cause de leur fanatisme épais comme d’un nuage sombre, ils ne daignent même pas faire des petits efforts intellectuels et de réfléchir avec leur cerveau.

Imaginez- vous qu’en 2020, au début du covid-19, il y a eu cette dame a la radio qui a fait un rêve comme Martin Luther King adressant à tous les chrétiens: ‘’que tout le monde ouvre leur bible, vous trouverez une branche de cheveux, chers frères et sœurs, mes bien-aimés, c’est Dieu qui m’a envoyé! Prenez cette branche de cheveux, faites du thé avec. Mais quel non-sens! A notre grand étonnement, nous avons vu des gens partout boire du thé au cheveu pour ne pas attraper le covid. Que c’est Hilarant! Même ma mère était tentée par le thé, mais elle a eu un peu de bon sens pour ne pas le faire.

Dans cette histoire, il n’y avait pas eu que les ignorants et les illettrés, il y avait eu tout type d’individu croyant dans cette arnaque. Ils sont tous tombé dans le panneau à cause de la paresse intellectuelle, ils ont suivi leur intuition et non ce qui est raisonnable.

Passons à la deuxième catégorie, les gens qui se conduisent par lâcheté cognitive. Cette catégorie se réfère à ceux qui détournent de la curiosité ainsi que la raison critique, mais préfèrent se ranger dans le conformisme social. Elle est la plus dangereuse parce que les manipulateurs comme les politiciens adorent ces gens, et la société fabriquent ces individus par millier tous les jours. On pourrait même dire que 90 pourcent de la population peuvent être qualifier comme étant des conformistes sociales.

Quand Nicolas fait allusion à l’esprit de ces gens comme ‘’un nuage épais… le jour de la raison ne le saurait percer’’, on pourrait interpréter ces vers à l’incapacité des gens de se révolter contre ce qui est mauvais dans la société, ils subissent des applications de lois injustes, et immoraux sans lever le petit doigt. En plus, ils sont même défendeur de ces lois. Si vous essayez par quelconque moyen de balayer quelques nuages sombres, de leur expliquer l’ampleur néfaste de ce qu’ils considèrent comme normal dans la société, ils deviendront sauvages et violents.

On a l’exemple idéal de quelqu’un qu’on considère l’anti conformisme sociale par excellence. En 2016, le premier ministre canadien Justin Trudeau a mis sur pied le projet de loi fédérale C-16 interdisant les discriminations envers les transgenres en mai 2016, et devenu loi en juin 2017. Jusque-là ça va, mais le problème avec cette loi c’est la modification des pronoms personnels dans la langue anglaise sur le territoire canadien. A partir de cette loi, tout le monde doit utiliser les pronoms ‘’they’’ pour une personne transgenre, pas de ‘’he, him’’ ou ‘’she, her’’, malgré l’apparence féminine ou masculine de la personne en question. Il y a eu une seule personne qui s’est levée pour contredire cette absurdité, en la personne de Dr Jordan Peterson. Même avec un cours de linguistique de base, on sait que c’est impossible de modifier une langue du jour au lendemain. L’évolution de la langue se fait par elle-même. On ne peut pas ajouter de nouvelles règles dans une langue, si la langue ne l’a pas déjà fait elle-même naturellement.  Après s’être mis contre cette loi, beaucoup ont accompagné Le docteur, et ont laissé le jour de la raison pénètre leurs esprits, cependant la majorité ont décidé d’être des conformistes et de suivre la foule par lâcheté.

En résume, il y a deux types de personnes qui refusent de laisser la raison les conduisent, une première qui accepte tout sans questionnement parce qu’une chose leur semble vraisemblable, pas besoin de connaitre le fond. La deuxième personne est celle qui par conformisme sociale refusent d’aller à l’encontre des courants, préfère suivre ce qui est populaire, ce qui plait à tout le monde.

Dans la quête du bon sens, on avait parlé de plusieurs voies qui peuvent nous mener à son obtention, néanmoins il y a un point qu’on a pas abordé. Le point en question c’est notre entourage. Nos compagnies, ceux qu’on considère nos amis à un grand impact sur ce qu’on est. Les citations sur la fréquentation et les types d’amitiés n’en manquent pas. On peut en citer quelques-uns: ‘’Qui se ressemble s’assemble’’, dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.’’ Il y en a beaucoup! Et les vers de Nicolas Boileau ne sont pas exemptés des citations sur l’amitié. On retrouve ces vers intéressants:

Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible,

 Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible :

Il ne pardonne point les endroits négligés, 

Il renvoie en leur lieu les vers mal arrangés,

Il réprime des mots l’ambitieuse emphase ;

[…]

 C’est ainsi que vous parle un ami véritable.

Les personnes que nous côtoyons soit nous aident à manifester de la sagesse et du bon sens, soit nous freinent dans ce domaine, c’est pour cette raison on doit choisir précautionneusement nos amis. Le poète a travers ces vers nous décrit l’ami véritable. Un ami doit être toujours rigoureux et inflexible. Qu’est-ce que cela sous-entend? Selon le dictionnaire, un ami est ’’une personne à laquelle on est lié par une affection réciproque’’. Un véritable ami vous aide à orienter vos pensées vers de bonne choses. Un ami n’est pas seulement là quand il faut faire la fête. C’est quelqu’un qui vous accompagne dans vos objectifs, et qui vous réprime quand il le faut. Un ami est rigoureux et inflexible sur vos fautes, quand il ne polie rien, et il n’emploie pas d’euphémisme quand vous merdez.

Un véritable ami vous encourage et vous remonte le moral en temps utile. Tout le monde peut vous faire des compliments, mais seulement de vrais amis vous estiment assez pour vous signaler un défaut grave et vous offrir avec affection des conseils constructifs. Des amis de qualité et intime sont au nombre de ces trésors rares qui peuvent exercer sur vous une influence positive.

En préparant cette rédaction, personnellement la partie sur l’amitié m’a beaucoup touché. Et pour la première fois, je vais donner un exemple personnel. En fait, j’ai beaucoup d’amis et ils sont de remarquables êtres humains, ils m’aident à rester sur la voie du bon sens. Et pour ne pas susciter de jalousie, je vais relater une expérience que j’ai eu avec une amie qui ne vit plus actuellement dans le pays. J’avais environ 8 ans quand je l’ai connue, elle était beaucoup plus grande que moi. J’ai été élevée dans une famille nombreuse, et mes parents n’avaient pas eu le temps pour nous tous. Cette amie a eu un impact tellement fort et positif sur moi, jusqu’à ce jour les souvenirs ne peuvent pas disparaitre. Elle a été la première à me donner un livre à lire, la première qui m’a appris à réfléchir par moi-même, elle l’a fait de moi un fan de Beyonce, j’avais l’habitude d’imiter son écriture, c’est pour cela j’ai une si belle écriture. Elle a été l’une des personnes les plus influentes de ma vie.

Tout ça pour vous dire que La qualité de votre vie dépend beaucoup de la qualité de vos amitiés! Si vos amis tous ce qui les intéressent c’est les ‘raboday’ et les ‘ti sourit’, n’attendez pas à ce que vous soyez éduqué. Un ami véritable vous bonifie, et non le contraire. On peut conclure sur cette citation simple mais profonde d’Aristote dans l’éthique a Nicomaque: « Un bon ami est un ami qui nous élève ».

 Pour terminer, le premier groupe de vers de Boileau nous a exhorté de choisir toujours le bon sens même si le chemin est glissant et épineux. Dans cette partie on a défini le bon sens et on a donné les différents moyens possibles de l’acquérir. Ensuite, le deuxième groupe de vers nous informe que malgré notre bonne volonté de partager la raison, il y a certains esprits qui ne pourraient jamais laisser percer la raison en eux. Et on a eu deux catégories de ce gens-là. Ceux qui le font par paresse intellectuelle et d’autres qui le font par lâcheté cognitive. Enfin le troisième groupe de vers qui parle pratiquement sur l’ami véritable. On a découvert qui est l’ami véritable, ce qu’il en est et ce qu’il n’en est pas. Il constitue soit la raison de votre réussite ou soit la raison de votre perte. Donc, on espère que vous qui avez écouté les conseils de Nicolas Boileau à travers ce poème, vous puissiez non seulement écouter ces trois préceptes mais aussi les pratiquer à partir d’aujourd’hui dans votre vie.’hui dans votre vie.

Critères et modalités d’évaluation

Discours 2, est évalué sur la forme et le fond c’est-à-dire les composantes de l’analyse critique.

Evaluateur écrit et oral

Chargé d’analyser, de juger et de commenter les productions des apprenants dans le cadre de ce travail

🎯 Ses principales missions sont :

  1. Analyser le fond et la forme du travail présenté, en tenant compte des objectifs pédagogiques, des consignes données et du niveau d’étude.
  2. Mesurer la maîtrise des connaissances, la clarté des idées, la cohérence de l’argumentation, la qualité de la langue (orthographe, grammaire, syntaxe).
  3. Évaluer les compétences orales, telles que la diction, la gestion du temps, la posture, l’articulation, le regard, la fluidité du discours, et la capacité à convaincre ou à expliquer.
  4. Formuler un retour constructif, souvent sous forme de grille d’évaluation, de note chiffrée et de commentaires qualitatifs.
  5. Encourager le progrès, en soulignant à la fois les points forts et les axes d’amélioration.

Wandy CHARLES, Journaliste/Professeur

Brunache Wilberge, Toastmasters/Ecomomiste

Isaac LINDOR, Juriste/Enseignant

Mad-Suze LUCIEN

Sujet Après la lecture de l’art poétique de Nicolas Boileau, Chant 1. Vous présenterez une analyse du texte et une appréciation des vers ou strophe dont vous trouverez nécessaire.

Le XVIIe siècle en France se caractérise par l’émergence de deux grands courants littéraires : le baroque et le classicisme. C’est dans ce contexte que s’inscrit Nicolas Boileau, figure emblématique du classicisme, qui publie en 1674 son célèbre poème didactique intitulé L’Art poétique. Par cette œuvre en vers, Boileau entend défendre les principes esthétiques du classicisme, tant dans la langue que dans la poésie.

Ce poème, organisé en plusieurs chants, expose les règles que doivent suivre les écrivains soucieux de produire une œuvre conforme aux exigences de l’art classique. Parmi les valeurs promues par Boileau figurent l’amour de la raison, la clarté de la pensée, la cohérence, la patience dans le travail, le respect des règles linguistiques, ainsi que le rejet de la flatterie au profit de la critique constructive. Il insiste également sur l’importance de ne pas ennuyer le lecteur, d’éviter toute bassesse de style, et célèbre le passage de la poésie de Villon à Malherbe comme un progrès vers plus de rigueur.

Dans le premier chant, Boileau expose les préceptes généraux de l’écriture littéraire. Il critique sévèrement certains de ses contemporains, qu’il qualifie de faux poètes, soulignant que le talent ne suffit pas : le travail méthodique et la maîtrise de la langue sont essentiels. En tant que grammairien rigoureux, il fustige ceux qui méprisent les règles de la langue française, les accusant de légèreté, de paresse, et de produire des vers confus et excessifs, qu’il compare à des torrents débordants. Il les désigne ironiquement comme des « auteurs intraitables ».

Au moment où Boileau rédige L’Art poétique, le classicisme s’impose comme le modèle dominant dans le paysage artistique. Son poème ne se contente pas de poser les fondements du bon goût littéraire, il constitue aussi une leçon de morale artistique, en valorisant la mesure, la raison, et l’imitation de la nature comme voie vers la vérité et le beau. En somme, cette œuvre s’érige à la fois comme une critique des dérives poétiques de son temps, une défense des principes du classicisme, et une véritable leçon d’écriture littéraire.

Parmi ces vers, trois en particulier ont suscité mon intérêt et m'ont paru dignes d'un commentaire approfondi :

Le premier vers, « Tout ce qu’on dit de trop est fade et rebutant ; l’esprit rassasié le rejette à l’instant », invite à réfléchir sur les effets néfastes de la parole excessive. Nous nous interrogerons d’abord sur la perception sociale d’un individu qui parle trop : comment est-il vu par les autres ? Ensuite, nous analyserons les conséquences d’un tel comportement, tant sur le plan relationnel que communicationnel. Enfin, nous proposerons des pistes concrètes pour cultiver la concision et éviter les écueils du bavardage inutile.

Le second vers, « Avant donc que d’écrire, apprenez à penser », pose les fondements d’une écriture réfléchie. Il s’agira d’abord de définir ce qu’est véritablement l’art d’écrire, en tant qu’expression structurée de la pensée. Ensuite, nous nous demanderons s’il suffit de posséder des connaissances sur un sujet pour pouvoir écrire avec pertinence. Enfin, nous verrons quelles démarches un écrivain doit entreprendre pour affiner son jugement et sa plume, et ainsi tendre vers l’excellence littéraire.

Le troisième vers, « Soyez vous-même un sévère critique », souligne l’importance de l’autocritique dans le processus de création intellectuelle. Nous commencerons par expliciter la notion d’auto-analyse, en la situant dans une dynamique de perfectionnement personnel. Puis, nous évaluerons dans quelle mesure il est possible d’être un critique exigeant envers soi-même tout en demeurant lucide et honnête.

Ainsi, pour mieux comprendre les exigences du classicisme selon Boileau, nous analyserons successivement la modération dans la parole, l’importance de la réflexion avant l’écriture, puis la rigueur de l’autocritique.

« Tout ce qu’on dit de trop est fade et rebutant ; l’esprit rassasié le rejette à l’instant. »
Cette maxime de Boileau pose une question essentielle sur notre manière de communiquer : ne vous est-il jamais arrivé de parler sans arrêt, au point que votre auditoire semble vous ignorer totalement ? Il arrive en effet que, sans s’en rendre compte, une personne devienne source d’ennui, simplement parce qu’elle monopolise la parole.

D’un point de vue général, on qualifie communément ce comportement d’« être loquace ». Mais en psychologie, une telle tendance peut être perçue comme un signe d’inadéquation au bon sens ou au raisonnement mesuré. Parler de manière excessive, sans discernement, n’est pas anodin : cela entraîne des répercussions aussi bien sur l’image que l’on projette que sur les rapports que l’on entretient avec autrui.

Quelles peuvent alors être les conséquences d’un tel excès verbal ? Très souvent, une personne qui parle sans arrêt finit par lasser ceux qui l’écoutent. Même si ses propos sont pertinents, ils perdent de leur valeur, car l’auditoire ne parvient plus à distinguer l’essentiel du superflu. Cette personne devient peu à peu insignifiante aux yeux des autres, perçue comme fatigante, voire même dénuée d’intérêt ou de crédibilité. Il arrive même que certains en viennent à la rejeter, par pure saturation. Comme le disait Bernard Willems : « L’excès en tout nuit. » Ainsi, la surabondance de paroles devient non seulement contre-productive, mais également nuisible à l’échange humain.

Le plus inquiétant, cependant, est que les personnes concernées n’ont souvent pas conscience de leur comportement. Elles ignorent ce que les autres perçoivent et pensent réellement d’elles.

Deux exemples concrets issus du paysage médiatique haïtien peuvent illustrer cette réalité. D’une part, l’humoriste Jimmy Danger, connu pour ses interventions dans le milieu artistique, s’est fait remarquer par ses propos souvent répétitifs, infondés ou mal placés. À force de chercher le buzz en lançant des accusations sans preuve ou en multipliant les blagues douteuses, son émission a fini par lasser. Le public, ne trouvant plus aucun renouveau ni aucune pertinence, l’a qualifié en créole de « radotè, nèg san sans lan » ».
D’autre part, Rigolo Junior, animateur de l’émission Pi lwen ke zye, a connu une belle notoriété au début des années 2010 grâce à ses idées originales et son style décontracté. Toutefois, avec le temps, le contenu de son émission s’est appauvri : les mêmes questions revenaient, les échanges perdaient de leur fraîcheur. Le public s’est détourné, jugeant ses interventions redondantes et sans saveur.

Ces deux cas révèlent une vérité : parler trop ou sans se renouveler peut rapidement rendre un discours fade, ennuyeux, voire rebutant. Même les idées les plus intéressantes perdent leur éclat lorsqu’elles ne sont pas présentées avec mesure et clarté.

Pour éviter de tomber dans cet écueil, il convient d’abord de prendre conscience de sa propre tendance à parler sans arrêt. Cette lucidité est la première étape vers une parole plus maîtrisée. Ensuite, il est essentiel de canaliser ses propos, de réfléchir à leur pertinence, d’éviter les répétitions inutiles ou les pléonasmes, et d’enrichir son discours sans l’alourdir. Demander un retour sincère à ses proches peut également être une aide précieuse pour ajuster sa manière de s’exprimer.

Le deuxième vers, « Avant donc que d’écrire, apprenez à penser », soulève une question essentielle : qu’est-ce que l’art d’écrire ? L’art d’écrire, c’est bien plus que l’acte mécanique de rédiger des phrases. Il s'agit de choisir judicieusement ses mots, d’organiser ses idées de manière cohérente et d’arriver à transmettre un message clair et précis. L’écriture, bien que parfois perçue comme un art unidimensionnel, engendre une réalité multidimensionnelle dans l’esprit du lecteur, créant des impressions, des réflexions et des émotions. C’est cette capacité à faire naître l’admiration et l’adhésion qui en fait une forme d’art à part entière.

Partant de cette définition, peut-on simplement écrire sur un sujet que l’on croit connaître ou sur lequel on a entendu parler ? Non, car l’écriture exige bien plus que la simple restitution d’idées reçues. Pour rédiger avec maîtrise, il faut disposer de solides compétences rédactionnelles. Cela implique non seulement la maîtrise de la langue et de ses règles, mais aussi une capacité à s’adapter aux multiples techniques d’écriture, à utiliser des astuces stylistiques et à intégrer des connaissances approfondies sur le sujet traité. La véritable qualité de l’écrivain réside dans sa capacité à transmettre ses idées de manière claire, tout en maintenant l’intérêt du lecteur. L’acquisition de ces compétences demande une méthode rigoureuse et un travail assidu.

Il est vrai que certains semblent être naturellement doués pour l’écriture, mais cela ne dispense personne de suivre les règles et de travailler avec rigueur. Par exemple, je connais une personne, soi-disant journaliste, qui rédige des articles sur divers sujets sans jamais prendre le temps de mener des recherches approfondies ou de réfléchir sérieusement au sujet. Parfois, elle se contente de poser des questions à d'autres ou d’utiliser des outils comme ChatGPT pour accomplir son travail. De nos jours, il est fréquent de croiser des individus qui se prétendent journalistes, mais qui sont loin de l’être véritablement, particulièrement dans un contexte où Internet a modifié les standards de l’information. Tout cela pour souligner qu’écrire sur un sujet demande plus que de simplement donner son opinion. Il faut d’abord maîtriser le sujet, afin de captiver le lecteur, de l’immerger dans le récit, et de lui offrir une expérience enrichissante. C’est là toute la subtilité de l’art de l’écriture.

Pour devenir un bon écrivain, il ne suffit pas d’écrire : il faut avant tout apprendre à penser clairement. Il est essentiel de savoir réfléchir profondément, d’exercer sa créativité, d’imaginer de nouvelles idées et d’explorer son esprit pour trouver des concepts originaux et authentiques. Ces idées doivent ensuite être retranscrites avec élégance et finesse, dans un style qui nous est propre. Cela exige non seulement du temps et des années d’expérience, mais aussi un travail constant d’amélioration. Comme Boileau l’a justement exprimé : « Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse ». L’écrivain doit toujours s’efforcer de rester fidèle à l’excellence, tant dans ses idées que dans la manière dont il les exprime.

Le troisième vers, « Soyez-vous-même un sévère critique », nous invite à réfléchir sur la notion d’auto-analyse. Mais avant d’aborder ce vers, il convient de définir ce qu’implique l’auto-analyse. Il s'agit d’une pratique introspective qui consiste à évaluer ses propres pensées, actions, émotions, ainsi que ses relations avec soi-même et avec les autres. L'auto-analyse permet de mieux comprendre qui nous sommes véritablement, en mettant en lumière nos compétences, nos qualités, nos défauts, nos valeurs et nos croyances.

Analyser soi-même revient à faire un « check-up » général de sa personne. C’est une démarche qui vise à évaluer en profondeur ce que nous sommes et ce que nous pouvons changer ou améliorer en nous-mêmes. Par exemple, face à une situation nouvelle et inattendue, dont vous n’avez pas l’habitude, il se peut que votre réaction soit difficile à expliquer. L’auto-analyse est alors un moyen efficace de comprendre vos émotions et vos comportements : pourquoi réagissez-vous ainsi ? Ce processus permet de mieux cerner votre personnalité et vos mécanismes internes, et de comprendre les raisons de vos réactions. En somme, l'auto-analyse constitue une forme d’introspection, une réflexion profonde sur soi-même.

Alors, en vous livrant à cette introspection, pouvez-vous être un sévère critique envers vous-même ? La réponse est affirmative. L’auto-critique consiste à dissocier les aspects positifs et négatifs de vos comportements et de vos attitudes, à porter un jugement objectif sur vous-même, tout en mettant de côté votre ego. Cela implique de scruter vos actions et décisions dans leur ensemble, d’accepter vos limites et d’examiner honnêtement les domaines dans lesquels vous pouvez vous améliorer. Être un critique sévère envers soi-même ne signifie pas uniquement pointer les défauts ; il s’agit également de reconnaître ses réussites, de comprendre les raisons de ses succès et d’en tirer des enseignements pour progresser. Cette pratique est essentielle non seulement pour évoluer dans la vie personnelle, mais aussi pour exceller dans le milieu professionnel. En sociologie, on affirme que l’autocritique est un moyen de régulation personnelle et professionnelle.

Prenons l’exemple de la marque Fenty de Rihanna, qui vend des produits cosmétiques, des parfums, des lingeries, etc. À la fin de l’année 2019, elle a lancé une ligne de vêtements de luxe pour femmes. Cependant, à la fin de l’année 2020, elle a constaté une grande perte et des résultats décevants. Plutôt que de persister dans cette voie, Rihanna et son équipe ont pris du recul pour analyser la situation. Après un examen approfondi, ils ont fait une autocritique sévère de leurs produits : ils ont réalisé que les vêtements de luxe étaient trop chers pour leur clientèle cible, que les prix étaient excessifs par rapport à ceux d'autres marques de luxe. Cette prise de conscience leur a permis d’accepter que, dans ce domaine particulier, ils étaient encore novices. Ils ont ainsi reconnu leur erreur, accepté l’échec et redéfini leur stratégie. Ils ont ensuite poursuivi le développement de produits Fenty à prix plus abordables, qui correspondaient davantage aux attentes de leurs clients. Comme l’a dit Nicolas : « Parfois, il faut ajouter, mais souvent, il faut effacer. » Cette philosophie d’adaptation et d’évolution est exactement ce qu’ils ont mis en pratique.

En résumé, dans le premier vers, nous avons constaté que parler excessivement conduit souvent à l’indifférence et au rejet. Pour éviter cela, il est essentiel de prendre conscience de son propre comportement, d’être attentif à ne pas faire de pléonasmes inutiles, afin que nos paroles ne soient pas perçues comme ennuyeuses ou rebutantes. Dans le deuxième vers, nous avons abordé l’art d’écrire, qui consiste à structurer ses phrases avec élégance dans le but de captiver le lecteur. De plus, devenir un bon écrivain ne se limite pas à transmettre des informations ou des opinions. Il s’agit avant tout de posséder une véritable capacité rédactionnelle, de maîtriser les règles de la langue et d’apprendre à penser de manière rigoureuse pour émouvoir le lecteur et l’immerger dans l’écriture. Enfin, dans le troisième vers, nous avons exploré la pratique de l’auto-analyse, qui consiste à évaluer ses pensées et ses actions afin de mieux comprendre qui nous sommes véritablement. Cette démarche s’accompagne de l’autocritique, qui permet de discerner ses forces et ses faiblesses, d’être honnête avec soi-même et d’accepter ses erreurs pour continuer à progresser et à s’améliorer sans cesse.

Critères et modalités d’évaluation

Discours 2, est évalué sur la forme et le fond c’est-à-dire les composantes de l’analyse critique.

Evaluateur écrit et oral

Chargé d’analyser, de juger et de commenter les productions des apprenants dans le cadre de ce travail

🎯 Ses principales missions sont :

  1. Analyser le fond et la forme du travail présenté, en tenant compte des objectifs pédagogiques, des consignes données et du niveau d’étude.
  2. Mesurer la maîtrise des connaissances, la clarté des idées, la cohérence de l’argumentation, la qualité de la langue (orthographe, grammaire, syntaxe).
  3. Évaluer les compétences orales, telles que la diction, la gestion du temps, la posture, l’articulation, le regard, la fluidité du discours, et la capacité à convaincre ou à expliquer.
  4. Formuler un retour constructif, souvent sous forme de grille d’évaluation, de note chiffrée et de commentaires qualitatifs.
  5. Encourager le progrès, en soulignant à la fois les points forts et les axes d’amélioration.

Wandy CHARLES, Journaliste/Professeur

Brunache Wilberge, Toastmasters/Ecomomiste

Isaac LINDOR, Juriste/Enseignant